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Chroniques

*Mitteleuropa – Les carnets secrets de Redo*

«Tu ne peux imaginer, Redo, ce que fut Kunesdorf. Ce jour funeste, notre armée a perdu dix-huit mille combattants sur le champ de bataille à cause de l’ineptie de cet Enorme Roi…

Parmi les victimes d’un conflit armé, il n’y a pas seulement celles qu’on a enterrées, la guerre s’enracine sans faire de bruit dans l’existence des survivants, en la castrant, en la remplissant de peur ou de misère, en bornant leur avenir commun »

*Mitteleuropa Les carnets secrets  de Redo* est un roman  sur les guerres qui ont déchiré l’Europe centrale, mais aussi sur l’amour, l’amitié, l’enracinement Au début du XIXe siècle, Redo vient prendre possession de ses terres en Prusse, sur la rive de l’Oder. Il vient de Vienne en Autriche. Il a eu une vie assez rocambolesque. L’héritage de cette terre l’est aussi.

En voulant y enterrer sa femme décédée, il découvre dans son champ les cadavres congelés de soldats enterrés… 

Avec Odra, ils avaient mis au point un narratif d’identité et d’un passé que rien ne pouvait laisser percer. 

Mais Odra est morte… Redo va devoir se débrouiller avec tout ce qui lui arrive.

Et Vincente Luis Mora parvient à montrer aux lecteurs cet entre deux qui tisse tout le livre. L’entre deux du personnage qui doit s’inventer une autre identité, l’entre deux d’une monarchie absolutiste qui pourtant tend vers un peu d’ouverture et l’entre deux des guerres entre les vivants et ceux qui « déterrés » nous confrontent à la mort en face.

Et cette question qui traverse les temps et les siècles. Tellement d’actualité :

« Crois-tu qu’il y aura encore des guerres en Europe ?

Que répondre…

Vicente Luis Mora *Mitteleuropa – Les carnets secrets de Redo*

Editions Maurice Nadeau

Splendide traduction de l’espagnol par François-Michel Durazzo

Chroniques

*La tangente*

« Pierre R. avait accepté de me rencontrer parce que mes lettres lui avaient plu, mais il ne s’attendait pas du tout à moi, je l’ai vu aussitôt dans ses yeux […] Puis Pierre R. revint au salon et me dit que nous devions maintenant sortir, qu’il allait me raccompagner au métro le plus proche.

Dans la lenteur, la stupeur qui ont suivi, une promesse a surgi : celle de revenir un jour vers lui, de faire en sorte qu’il ne puisse plus jamais me dire au revoir aussi facilement, avec une telle désinvolture, ni me laisser aussi seule.

J’ai passé dix ans à tenir tête à ces quelques minutes.

C’est ainsi que Génica est née. »

C’est également le roman d’Amina Danton, *La Tangente*, aux Éditions Gallimard.

Un roman bouleversant et troublant dans ce duo de soi où l’on se perd. On se réinvente aussi. 

Génica deviendra monteuse de films. Elle jouera avec les images. L’image « est une patinoire » et puis, la vie glisse, s’invente, se perd aussi

Un très beau roman entre « La vie rêvée » qui est le titre du roman de Pierre R. et la vie réelle. 

Et quelque part dans *La Tangente*, il y a ces mots :

« Entre vite, tu vas prendre froid »

Est-ce une rédemption ? Et dans le terrible du « duo de soi », à qui s’adressent ces mots ?

Amina Danton a également écrit un article dans L’atelier du roman : 

*Nadja, ou la poésie trouvée dans la rue*

Cet article  interroge la transformation d’une femme réelle en allégorie poétique. 

– lien : https://drive.google.com/…/1D2X83IRyashAzgdgmpM…/view…

Amina Danton, *La Tangente*, Gallimard (Collection Blanche)

Chroniques

*Peut-être le hasard*

« Depuis l’annonce de la maladie, le chant est devenu ta clef de contact avec le monde. Il y a un espace infini en toi pour la mémoire de la musique. Il paraît que la zone du cerveau chargée de la remémoration des mélodies est l’une des dernières à être touchée. Perçue dès la vie prénatale, contrairement à la syntaxe et au passé composé, la musique est plus longtemps préservée… »

Tout est déjà là.

La connaissance. La tendresse. Et cette tentative acharnée de retenir ce qui se défait.

– Marie-Pierre est professeure de philosophie. Elle aurait aimé le cinéma. Elle a eu les tâches domestiques, la charge mentale, les renoncements ordinaires que l’on appelle parfois des choix. À l’orée de la cinquantaine, alors que le divorce est acté et que les enfants quittent la maison, une autre vie semblait possible.

Puis la langue se fissure. Les mots manquent. L’enseignement devient impossible. Le diagnostic tombe : Alzheimer précoce –

Cette femme est la mère de l’autrice.

Agathe Charnet ne la sublime pas, ne la transforme pas en icône tragique. Elle la maintient debout autant que possible. Elle lui rend, par la littérature, une place, celle d’un sujet, pas d’un symptôme. 

Le livre raconte l’irruption du désastre, les secousses minuscules du quotidien, le parcours de soins, et la relation inédite qui s’installe. Une fille devenue jeune aidante, entourée de sa famille, unies dans une même bataille, préserver, jusqu’au bout, la dignité de la mère dans son irréversible abîme.

« Tu es minuscule. Effrayée. La colère a quitté ton corps. Tu as joué, tu as perdu. Mon pauvre petit lutin.

Mon héroïne de pacotille. Tu as essayé d’aller contre le sort. De transcender le hasard. Tu as une nouvelle fois échoué. »

Ce qui bouleverse ici, c’est la modestie radicale du geste.

Pas de grand drame, pas d’héroïsation forcée. Juste la texture d’une vie qui se défait, et l’obstination de celles et ceux qui refusent qu’elle se réduise à la maladie. 

Agathe Charnet n’écrit ni pour sauver, ni pour se sauver. Elle écrit pour nommer, pour rester là, pour tenir la main quand il n’y a plus de prise.

Son écriture a la précision du scalpel, jamais la froideur. Elle avance de biais, avec une pudeur presque têtue. Et le titre *Peut-être le hasard* agit comme un vertige. Peu à peu, on comprend que ce hasard n’est pas le chaos, mais une forme de destin supportable, celui que l’on réécrit quand tout semble déjà perdu.

*Peut-être le hasard* est un récit poignant, sans pathos, d’une justesse rare. Un livre sur la maladie de l’oubli, bien sûr, mais surtout sur l’amour d’une fille, un amour vigilant, intraitable, qui veut sa mère digne jusqu’au bout et qui fait de cette exigence morale une forme de résistance.

Un livre qui dit les tempêtes et la beauté intacte de la vie. Et pour devenir insubmersible, Agathe Charnet convoque ce fragment de poème, comme un viatique : « si le vent se lève, il nous faudra apprendre à vivre… »

Agathe Charnet *Peut-être le hasard*, (Editions Les corps conducteurs)

Chroniques

*Retour au nous végétal*

« Que l’homme soit érudit ou illettré, moine ou paysan, lui incombe une tâche identique, celle de s’accomplir et, à sa mesure, de recréer le monde. »*

Et cette phrase venue d’un autre recueil de Dominique Sampiero nous montre l’urgence de ce *Retour au monde végétal*, son dernier recueil édité aux Editions de Corlevour, chez Réginald Gaillard.

J’ai tenté de dire toute la fièvre qui traverse ce recueil. Je me suis souvent arrêtée sans voix devant la beauté des mots qui tissent ce recueil.

Et comme le disait un ami cher aujourd’hui disparu, Dominique Sampiero, « il faut le lire, s’en émouvoir et passer doucement la main sur le front brûlant de chacun de ses livres… »

C’est un sourcier qui creuse au plus profond pour trouver l’eau de pluie nécessaire aux mots. À leurs traversées.

Dominique Sampiero, *Retour au nous végétal*, Editions de Corlevour

Chroniques

*Des femmes. Toutes.*

*Des femmes. Toutes.*…ou bouger la pierre…

Ces femmes sont mortes. 

Mireille Diaz-Florian refuse leur disparition.

Il faut bouger la pierre.

Non pour faire croire à un miracle.

Mais pour laisser advenir une résurrection.

Pour qui ? La question reste ouverte. 

Pour sa lignée, sans doute. Pour elle, certainement. Pour nous, peut-être. Nous qui lisons en lisière  

Le livre s’ouvre dans un lieu et un non-lieu.

Un train. Un mouvement. Une traversée.

Et une jeune femme qui arrête l’horloge. Arrêter  le temps avant qu’il ne mange tout. Avant qu’il n’efface les noms, les visages, les joies modestes, les vies difficiles, les silences.

Ces femmes reviennent de loin. Elles reviennent avec leur jeunesse intacte et leur fatigue ancienne. Avec ce qu’elles ont vécu sans l’avoir dit. 

L’autrice ne fabrique ni légende ni mythologie. Aucun piédestal. Elle cherche, dans ce temps menacé d’effacement définitif, à redonner lumière. Comme lorsque le jour insiste. 

Comme lorsque la clarté persiste, fragile, obstinée sous la pierre.

Autour d’Alice , la mère, les prénoms se «lèvent » :

Eugénie.

Louise 

Angéline.

Antoinette 

Marie.

Et puis il y a Élisabeth.

Élisabeth, vous verrez qui elle est. Elle n’est ni clé ni conclusion, mais passage. Une figure où quelque chose enfin se dénoue.

Le train encore.

Le mouvement encore.

Et quelque chose enfin d’apaisé.

La rencontre a eu lieu.

Entre les mortes et la vivante.

Entre la lignée et celle qui écrit.

Entre le silence et la phrase.

Alors la symphonie éclate où chaque « instrument  voix » trouve sa place parce qu’elle a été appelée avec justesse.

Des femmes. Toutes.

Elles sont là.

Toutes.

Extrait 

« Elle se prit à désirer, pour le moment où il faudrait vider la maison, la présence anonyme de déménageurs. Leur détermination à faire bien leur travail effacerait d’un coup la tendresse déposée à la surface des choses, rompraient définitivement avec le poids de l’héritage. Elle aurait préféré partir en fermant la porte derrière elle, sans même un tour de clef. »

Mireille Diaz-Florian, 

*Des femmes. Toutes.* Editions du Palio

Chroniques

*Conversations de la porte*

*Conversations de la porte* ou le passage des seuils … 

« Dans un monastère, le visiteur pénètre sans carte, sans boussole, sans clés. Seule la scansion impérieuse du temps par le son de la cloche indique à la fois les moments de prière et l’horloge. »

La cloche scande les heures, annonce les prières et devient la respiration même du lieu. Le temps cesse de s’écouler . Il se dépose.

Dans *Conversations devant la porte*, Muriel Claude raconte les séjours réitérés d’une femme dans une abbaye cistercienne des Ardennes. Saison après saison, les heures reviennent comme des vagues.

– 5 h Vigiles, 7 h Laudes, 8 h 45 Tierce, 14 h 45 None, 18 h Vêpres, 20 h Complies –

Cette horloge de prières façonne le temps et notre mouvement de lecture…

Nous apprenons  une lenteur nouvelle. 

Le livre ne décrit pas, il écoute. Il se tient, lui aussi, sur le seuil.

La porte, la clôture, les gestes simples comme lire, marcher, cueillir des fleurs, deviennent autant de seuils entre le visible et l’invisible. Rien n’est forcé, rien n’est expliqué. 

L’écriture de Muriel Claude avance avec la même retenue que la vie monastique. Elle regarde sans percer, elle approche sans franchir.

Puis vient la rupture. Les sœurs doivent quitter l’abbaye. Le lieu disparaît, la vie qu’il abritait se défait. 

Le seuil, jadis promesse de passages, devient point de bascule. 

Muriel Claude écrit cette fin sans pathos, sans révolte , en témoin silencieux d’un effacement. 

Nous ne dirons pas si les sœurs vont désobéir… vous le saurez en lisant.

*Conversations devant la porte*, sous sa douceur apparente, déplace profondément notre écoute du monde. 

Ce récit nous apprend à percevoir ce qui se tait, à demeurer dans cet entre-deux, cet espace fragile où quelque chose se transmet sans bruit. 

Ce livre  est une méditation sur la perte, la patience et la justesse du regard.

Il nous apprend à être au monde sans le « prendre ». Juste y être. 

Et nous refermons doucement le livre, comme une porte que l’on ne claque pas.

Pour continuer d’entendre retentir  un chant  bouleversant :

« Le Salve Regina glorieux des Complies de l’été…

En paix, je m’endors. 

En toi, je m’établis en sûreté… »

Muriel Claude, *Conversations de la porte*, Editions ARLEA (Collection La rencontre)

Photo de couverture :  La Femme au fil de fer Dolorès Marat©

Chroniques

*Ce que tu me voiles*

La lumière comme épreuve…

Il y a des images qui ne se contentent pas de montrer, elles questionnent celui qui regarde jusqu’à le mettre en demeure de répondre. C’est le cas des photographies de Sylvie Aflalo

Des portraits de femmes. Opulentes, vulnérables, belles. Certaines pourtant semblent vouloir cacher une part d’elles-mêmes. Toute une gestuelle de retrait.

Dans ces photographies nimbées de lumière jusqu’à parfois la disparition,  cette lumière blanche n’est pas seulement un moyen, mais une véritable épreuve intérieure. Elle fouille les contours, insiste sur les creux, remonte les surfaces comme une marée silencieuse. Le spectateur est pris à partie. Et il est déjà à l’intérieur du territoire  de l’image.

Dans certains portraits, quelque chose vacille. Un seuil est franchi. 

Le regard ricoche sur une épaule, une nuque, un sein. Ce déplacement crée un trouble. 

La personne photographiée semble à la fois proche et irrémédiablement  distante, comme si le blanc de l’image en faisait une statue.

 Sylvie Aflalo-Haberberg dans son approche photographique semble collecter des bribes, des murmures, des secrets…

 En photographiant ces femmes, elle ne les fige pas.

Elle les réinscrit  dans une autre circulation, celle de notre regard et aussi de notre mémoire. Elles deviennent inoubliables.

Et ce que l’artiste nous montre est une magnifique leçon de dépouillement. 

Car pour atteindre ces « images », il ne suffit pas de maîtriser un appareil ou une technique. Il faut apprendre à renoncer à la volonté de contrôler, à laisser se défaire la tentation de tout cadrer, tout comprendre, tout dominer. 

La photographie devient alors terre d’accueil d’un mystérieux confessionnal.

 Et c’est peut-être à cet endroit précis, là où le geste s’ouvre à ce qu’il ne sait pas prévoir, que l’art commence vraiment. 

Chaque image devient ainsi un territoire puissant et fragile… et dans l’obscur de la lumière quelque chose de sacré, de mystique se glisse.

Peut-être cette part d’âme débusquée soudain par Sylvie Aflalo-Haberberg et ses photos, mais aussi par les textes magnifiques et troublants qui les accompagnent. Ces textes signés de Jean-Paul Gavard-Perret.

Pour cette première Chronique de Jeanne de l’année, j’ai choisi la lumière comme épreuve. 

Sylvie Aflalo-Haberberg, *Ce que tu me voiles*

Sylvie Aflalo-Haberberg Éditions.

Chroniques

*Précaire*

Précaire…

« Jamais je n’aurais cru qu’il pût y avoir autant de sang dans une maman… »*

Cette phrase lancée par Guy Allix, jadis, comme un aveu originel, fissure d’une façon implacable toute la vie de Guy Allix. 

Elle devient la terre remuée de tous ses poèmes. Elle devient le vent d’errance qui l’habite à chaque fois qu’il disparaît. 

Elle a indéniablement tissé le titre de son  nouveau recueil *Précaire*.

Dans ce recueil, chaque page est un espace dépouillé.

Le poète avance dans ce vide. Il observe, il nomme, il expose ce qui vacille, ce qui manque, ce qui pourrait s’effondrer à tout instant. 

Et pourtant, paradoxalement, tout tient. Tout est tenu par le rythme des mots, par la précision des images, par ce fil poétique qui agit comme un levier invisible.

*Précaire, c’est aussi comme une grande correspondance unilatérale et un peu testamentaire. Des chapitres pour raconter, pour expliquer tout le manque, toutes les absences, mais aussi de très belles pages de remerciements à tous ceux qui ont compté pour le poète. 

La langue est tremblante mais rigoureuse, comme si chaque mot devait tenir le monde à bout de souffle. Comme si chaque phrase devait faire office de pont au-dessus du vide.

Tout dans ce recueil est une leçon d’abandon maîtrisé.

Le poète ne cherche ni la consolation ni l’illusion.

Il a pour harnais le poème : 

[…] Que tu filtres la parole

De ce même fil sombre

Qui vient coudre les lèvres

Jusqu’à ce cri sourd

Où suinte l’essentielle absence […]

Tout est dit ou presque. Le harnais s’use avec le temps mais il tient encore. 

Et puis, il y a des souvenirs qui portent des images, ainsi  cette jeune femme sur une terrasse  et des rires que l’ombre a rattrapés trop vite. Et une autre qui me touche particulièrement, c’est celle d’un ami trop tôt disparu et qui nous laisse un paysage incendié. 

*Précaire* est un livre où la frugalité est de mise. Elle suffit à tenir le fil de vie.

Et sur une page blanche et dépouillée,  ces mots :

« Seule la tendresse parfois te met à l’heure du monde… »

Et bouleversés nous refermons avec précaution le recueil.

Un homme *Précaire* continue de se dépouiller. 

Et ces mots magnifiques de la Préface signée Adam Katzman comme pour continuer de faire escorte à ce « magnifique errant » :

[…] Aussi longtemps que ta guitare sera bien accordée, toi, Guy le poète voyageur, tu sauras prendre le vent pour y lancer les mots très simples de ta poésie, pour faire évoluer dans le ciel le cerf-volant de tes phrases implacablement  justes et vraies pour les faire claquer dans l’azur. Pas pour nous épater, pas pour nous en imposer, pas pour la gloire. Juste parce qu’il doit en être ainsi, par fidélité, par amour, pour tes amis et les femmes qui t’ont aimé et qui continuent de t’aimer […]**

Guy Allix, *Précaire*, Jacques André Éditeur

**Lumineuse Préface d’Adam Katzman

* Tirée de Maman, j’ai oublié le titre de notre histoire 

Chroniques

*Chergui*

*Chergui* ou le conte rendu au vent…

C’est un conte initiatique.

Une cité posée dans le désert

Un vent, le Chergui s’y engouffre et sans comprendre, certains des habitants plongent dans un endormissement qui les fait retrouver leur moi dans leur rêves. 

Le *Chergui* est à la fois un personnage et un meneur. 

Puis arrive un cavalier calligraphe. Il écrit  sur le sable. Le vent  se couche et n’efface pas les mots. 

Il y a des couleurs, de l’ocre, du bleu indigo et des chevaux. 

*Chergui* est un conte. Avec le merveilleux et la cruauté des contes.

*Chergui*, c’est la beauté d’une écriture. Sa poésie, sa liberté, sa sensualité.

Cette écriture est celle de Joëlle Pétillot.

« Laisse moi dans mon rêve où je rêve que je ne rêve pas » nous dit-elle.

*Chergui*, Joëlle Pétillot, Éditions Fables Fertiles