« Au départ, j’avais envie de travailler autour de la banalité du mal, les petits crimes de tous les jours, la version euphémisée du mal. En littérature, il y a beaucoup d’affreux méchants avec du panache, mais la petite méchanceté quotidienne est moins travaillée »
« Le film du peuple de Christel Périssé-Nasr s’ouvre sur la fin du XIXe siècle. Fanette, qui officie comme bonne dans un château de campagne, se confronte à sa pénible condition de fille-mère, d’une petite Cécile bientôt surnommée « la bâtarde ».
Le discrédit est tel qu’il hantera la famille sur cinq générations, jusqu’à fonder le mythe familial : celui d’une hypothétique ascendance aristocratique.
Chaque maillon de la chaîne générationnelle va cultiver ce même désir de s’extraire de la gangue populaire et de gravir les marches de la réussite.
Un film, c’est d’abord ce que chacun se raconte – ou a besoin de se raconter. *Le Film du peuple*, c’est la somme de toutes ces histoires que les familles se transmettent de génération en génération, ces histoires dont elles savent taire savamment les secrets, les hontes et les reniements.
C’est l’arbre généalogique du mérite et de la soif d’embourgeoise-ment, le spectacle immémorial, amer et acide du désir d’arriver, la description par le menu de ce que l’on désigne parfois par l’expression « transfuges de classe ». C’est une lecture implacable de la petite fabrique des déterminismes sociaux. »
Et quelle écriture pour raconter tout cela. Au scalpel…!
Christel Périssé-Nasr, *Le Film du peuple*, Les Editions du Sonneur
Ouvrage publié sous la direction de Marc Villemain
Conception graphique Sandrine Duvillier
En librairie le 13 mars prochain