Survivre à l’extase…
«[…] Le ravissement est à son comble, quelles qu’aient été les douleurs lors de l’accouchement, l’instant de la découverte est magique. On ignore les premiers temps la fatigue, quand bien même elle insiste […] On s’autorise l’abandon.
Qu’elle soit Vierge, Sagittaire, Scorpion, Balance ou Taureau, la petite fille est accueillie sous le signe de l’extase …Un instant presque animal : le premier regard, la chaleur du corps posé contre le ventre, l’impression vertigineuse que l’amour vient de trouver son absolu. Puis la vie s’en mêle »
Dans *Entre mère et fille, Une histoire d’amour et de transmission* (Eyrolles 2026), Virginie Megglé nous parle de ce lien singulier, peut-être le plus chargé d’attentes de toutes les relations humaines : la relation mère et fille.
Entre mère et fille, l’amour n’est jamais simple : il porte l’héritage, la mémoire des femmes, les blessures muettes des générations.
La mère voudrait réparer.
« Nous voudrions que notre fille ne souffre pas de “nos souffrances”, de souffrances semblables à celles que nous avons connues… qu’elle ait une mère (encore) meilleure que la nôtre… »
La maternité devient alors une promesse de correction du passé.
« Le désir de bien faire chez une mère se confond avec celui de faire mieux… Mieux que d’autres… Mieux que maman… »
Mais ce « mieux » est un piège. Car derrière lui se cachent les ombres familiales : les maladresses héritées, les absences anciennes, les attentes impossibles.
Et aucune mère ne peut tenir la promesse originelle d’être une mère parfaite.
Et la phrase célèbre de Romain Gary, dans La Promesse de l’aube, traverse le livre comme une lumière mélancolique :
« Avec l’amour maternel, la vie nous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. »
Tout est là : la douceur matricielle et la nostalgie. Le souvenir d’un absolu que la réalité fissure peu à peu…
Cet ouvrage est comme un grand opéra familial. Avec cris, chœurs, coulisses, silence, abandon et retrouvailles.
Tout au long du livre, il me semblait voir la main de Virginie Megglé posée sur l’épaule de ses lectrices et lecteurs. Comme pour leur dire :
– Nous tenterons ensemble d’aller mieux. En faisant de notre mieux.
On referme *Entre mère et fille* avec cette idée presque vertigineuse : le lien le plus puissant de notre vie commence par une extase… qui se ternit…
Il faudra perdre l’illusion de la mère parfaite pour découvrir enfin la femme qu’elle était.
Et comprendre, qu’elle faisait de son mieux.
Virginie Megglé, *Entre mère et fille – Une histoire d’amour et de transmission* (Eyrolles)
•• Hors cas pathologique précice V. Megglé























