Noëlle Châtelet l’insoumise…
« 𝘓𝘦𝘴 𝘭𝘪𝘷𝘳𝘦𝘴 𝘯𝘦 𝘴’𝘦𝘯𝘤𝘩𝘢î𝘯𝘦𝘯𝘵 𝘫𝘢𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘢𝘯𝘪è𝘳𝘦 𝘢𝘯𝘰𝘥𝘪𝘯𝘦. 𝘐𝘭𝘴 𝘴𝘰𝘯𝘵 𝘭𝘪é𝘴 𝘢̀ 𝘭’𝘪𝘯𝘵𝘪𝘮𝘪𝘵é 𝘥𝘦 𝘭’é𝘤𝘳𝘪𝘷𝘢𝘪𝘯. »
Cette phrase de Noëlle Châtelet résonne ici comme une clé. Elle ouvre l’entretien, ou plutôt elle l’éclaire a posteriori, comme si chaque réponse en portait déjà la trace souterraine.
Car rien, dans ce parcours, n’est succession. Tout est continuité secrète, fil invisible entre les strates du vécu et les formes du récit. Le corps, l’amour, le désir, la transmission, le temps, autant de territoires qui ne s’énoncent jamais sans reste et qui chez elle, s’écrivent toujours depuis un lieu intime, presque inaugural.
Alors l’interview prend une autre densité. Elle n’avance pas en ligne droite, elle revient, elle bifurque, elle creuse. On comprend que la parole n’est jamais détachée de la vie, mais qu’elle en est l’extension sensible, parfois le prolongement lucide, parfois la blessure encore vive.
Et puis, en arrière-plan, comme une source qui continue de sourdre, il y a *À l’école des filles* (Editions Robert Laffont), non comme un point d’arrivée, mais comme un point d’origine.
Là où tout commence peut-être : la formation du regard, l’apprentissage du féminin, la « rébellion », la naissance d’une conscience qui deviendra écriture.
On y retourne non pour conclure, mais pour comprendre d’où vient cette voix et pourquoi elle continue, aujourd’hui encore, de nous obliger à écouter autrement.
La vie est un grand échiquier et Noëlle Châtelet continue d’y jeter les dés,
bouleversante de malice et de panache…
Et puis, c’est quelque chose à la fin de l’interview, de l’entendre fredonner avec nostalgie, « L’étang chimérique » de Léo Ferré. Dans *A l’école des filles*, elle raconte qu’elle chantait cet air à François Châtelet…










