« Pierre R. avait accepté de me rencontrer parce que mes lettres lui avaient plu, mais il ne s’attendait pas du tout à moi, je l’ai vu aussitôt dans ses yeux […] Puis Pierre R. revint au salon et me dit que nous devions maintenant sortir, qu’il allait me raccompagner au métro le plus proche.
Dans la lenteur, la stupeur qui ont suivi, une promesse a surgi : celle de revenir un jour vers lui, de faire en sorte qu’il ne puisse plus jamais me dire au revoir aussi facilement, avec une telle désinvolture, ni me laisser aussi seule.
J’ai passé dix ans à tenir tête à ces quelques minutes.
C’est ainsi que Génica est née. »
C’est également le roman d’Amina Danton, *La Tangente*, aux Éditions Gallimard.
Un roman bouleversant et troublant dans ce duo de soi où l’on se perd. On se réinvente aussi.
Génica deviendra monteuse de films. Elle jouera avec les images. L’image « est une patinoire » et puis, la vie glisse, s’invente, se perd aussi
Un très beau roman entre « La vie rêvée » qui est le titre du roman de Pierre R. et la vie réelle.
Et quelque part dans *La Tangente*, il y a ces mots :
« Entre vite, tu vas prendre froid »
Est-ce une rédemption ? Et dans le terrible du « duo de soi », à qui s’adressent ces mots ?
Amina Danton a également écrit un article dans L’atelier du roman :
*Nadja, ou la poésie trouvée dans la rue*
Cet article interroge la transformation d’une femme réelle en allégorie poétique.
– lien : https://drive.google.com/…/1D2X83IRyashAzgdgmpM…/view…
Amina Danton, *La Tangente*, Gallimard (Collection Blanche)

