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Interviews

L’escale de Jeanne avec François Mocaër

Profession : 𝐄́𝐝𝐢𝐭𝐞𝐮𝐫

« …𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑚𝑎𝑛𝑞𝑢𝑒 / que 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑑é𝑐𝑜𝑢𝑣𝑟𝑜𝑛𝑠 𝑐𝑒 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑙𝑢𝑚𝑖𝑛𝑒𝑢𝑥 / 𝑜ù 𝑠𝑒 𝑓𝑜𝑛𝑑𝑟𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑑𝑒𝑚𝑒𝑢𝑟𝑒𝑟 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙’é𝑡𝑒𝑟𝑛𝑖𝑡é […]

𝐸𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑜𝑦𝑜𝑛𝑠 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑙’𝑖𝑚𝑚𝑒𝑛𝑠𝑒 𝑣𝑜𝑦𝑎𝑔𝑒 / à 𝑝𝑎𝑟𝑐𝑜𝑢𝑟𝑖𝑟 𝑑’𝑖𝑐𝑖 𝑗𝑢𝑠𝑞𝑢’à 𝑙’𝑎𝑢𝑏𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑚𝑒𝑡𝑡𝑒𝑢𝑠𝑒 / 𝑒𝑛 𝑐𝑒 𝑟𝑖𝑣𝑎𝑔𝑒 𝑎𝑐𝑐𝑢𝑒𝑖𝑙𝑙𝑎𝑛𝑡 / 𝑙’𝑢𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑟è𝑔𝑙𝑒 𝑑’𝑜𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑢𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑒𝑐𝑟è𝑡𝑒𝑠… »*

Il est drôle, «cash », mystique. Exigeant. Il est casse-cou aussi.

Il est éditeur….

Editions unicité -François Mocaër-

Nous étions à la Brasserie *Le Sélect* infiniment remerciée pour l’accueil 

C’est un peu bruyant, mais c’est des bruits de vie.

Allez jusqu’au bout, il parlera des « mangeurs de lumière », de ses chiens, et de ce chat qui n’a plus que trois pattes.

Et aussi du silence qu’il aime tant dans le bus de nuit qui le mène chez lui à Saint-Chéron.

L’escale de Jeanne, avec un personnage !

*Textes et poésie mystiques de François Mocaër (extrait)

Interviews

L’escale de Jeanne avec Caroline Huppert

« 𝘓𝘦𝘴 𝘩𝘰𝘳𝘪𝘻𝘰𝘯𝘴 𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦𝘷𝘶𝘴 𝘥𝘰𝘯𝘯𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘥é𝘴𝘪𝘳𝘴 𝘧𝘰𝘶𝘴. » 𝘍𝘭𝘢𝘶𝘣𝘦𝘳𝘵

Caroline Huppert a longtemps cherché ses horizons derrière une caméra.

Elle en a trouvé un nouveau, inattendu, dans l’écriture…

𝗨𝗻𝗲 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗰𝗮𝗰𝗵é𝗲 ou l’histoire de ses parents, Annick et Raymond, mariés le 26 octobre 1940 dans la France occupée.

Bouleversant récit, d’une grande beauté.

Un destin…

Caroline Huppert, *Une histoire cachée*, Editions Mercure de France

L’escale de Jeanne au  Café Restaurant Les Éditeurs (infiniment remerciés)

Interviews

L’escale de Jeanne avec Noëlle Châtelet

Noëlle Châtelet l’insoumise…

« 𝘓𝘦𝘴 𝘭𝘪𝘷𝘳𝘦𝘴 𝘯𝘦 𝘴’𝘦𝘯𝘤𝘩𝘢î𝘯𝘦𝘯𝘵 𝘫𝘢𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘥’𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘢𝘯𝘪è𝘳𝘦 𝘢𝘯𝘰𝘥𝘪𝘯𝘦. 𝘐𝘭𝘴 𝘴𝘰𝘯𝘵 𝘭𝘪é𝘴 𝘢̀ 𝘭’𝘪𝘯𝘵𝘪𝘮𝘪𝘵é 𝘥𝘦 𝘭’é𝘤𝘳𝘪𝘷𝘢𝘪𝘯. »

Cette phrase de Noëlle Châtelet résonne ici comme une clé. Elle ouvre l’entretien, ou plutôt elle l’éclaire a posteriori, comme si chaque réponse en portait déjà la trace souterraine.

Car rien, dans ce parcours, n’est succession. Tout est continuité secrète, fil invisible entre les strates du vécu et les formes du récit. Le corps, l’amour, le désir, la transmission, le temps, autant de territoires qui ne s’énoncent jamais sans reste et qui chez elle, s’écrivent toujours depuis un lieu intime, presque inaugural.

Alors l’interview prend une autre densité. Elle n’avance pas en ligne droite, elle revient, elle bifurque, elle creuse. On comprend que la parole n’est jamais détachée de la vie, mais qu’elle en est l’extension sensible, parfois le prolongement lucide, parfois la blessure encore vive.

Et puis, en arrière-plan, comme une source qui continue de sourdre, il y a  *À l’école des filles* (Editions Robert Laffont), non comme un point d’arrivée, mais comme un point d’origine. 

Là où tout commence peut-être : la formation du regard, l’apprentissage du féminin, la « rébellion », la naissance d’une conscience qui deviendra écriture. 

On y retourne non pour conclure, mais pour comprendre d’où vient cette voix et pourquoi elle continue, aujourd’hui encore, de nous obliger à écouter autrement.

La vie est un grand échiquier et Noëlle Châtelet continue d’y jeter les dés,

bouleversante de malice et de  panache…

Et puis, c’est quelque chose à la fin de l’interview, de l’entendre fredonner avec nostalgie, « L’étang chimérique » de Léo Ferré. Dans *A l’école des filles*, elle raconte qu’elle chantait cet air à François Châtelet…

Interviews

L’escale de Jeanne avec Sarah Oling

La mémoire, la transmission sont ses terribles terrains de « Je ».

Elle a appris que transmettre, c’est danser avec les ombres.

Cette fois, sous l’œil noir de Kâli la noire, Sarah Oling tisse destin et mémoire.

*La Naja d’émeraude*, son dernier ouvrage, (Sterenn Éditions) mêle passions interdites et ombres de guerre. 

Roman incandescent, sublimé par l’art vivant de son duo avec Oliver Martin Sax.

Le saxo porte la voix de Sarah et la voix de Sarah se pose sur la musique, le souffle d’Oliver Martin Sax.

Une Escale de Jeanne entre Pondichery et Paris…

Un long chemin, mais :

 « Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant d’arriver à la sienne » dit Tagore

Merci infiniment à la brasserie Les Ondes pour son formidable accueil 

Interviews

L’escale de Jeanne avec Alexandre Millon

« Au cœur de tout être circulent deux gouttes, l’une sur l’arrivée et l’autre sur le départ, auxquelles s’ajoute un ciel d’orage susceptible de devenir une journée magnifique : le bien-fondé d’une existence.

Il demeure au sein de tout être vibrant, un espace ouvert où recommencent les commencements.

Le reste du temps, on se débrouille, on accorde notre vie en fonction de ce que les dés nous ont consenti…»*

Chez Alexandre Millon, cette phrase n’est pas une image : c’est un axe. Il écrit depuis ce point de passage où l’existence s’éprouve…

Alexandre Millon vient d’un autre territoire du visible. Toujours écrire bien sûr, mais aussi un métier. Il était technologue dans l’imagerie médicale nucléaire. Métier du dedans, de l’invisible rendu lisible, des corps traversés par des ondes pour révéler ce qui ne se voit pas. 

Et puis cette lucidité, sans résignation mais si humaine  : 

« on se débrouille, on accorde notre vie en fonction de ce que les dés nous ont consentis… »

Une Escale à distance. Les dés sont jetés…

*Alexandre Millon – L’Escale de Jeanne à distance

Interviews

L’escale de Jeanne avec Ella Balaert

Connaissez-vous Léona Delcourt ?

C’est cette jeune femme « effacée »par Nadja.

Nadja la muse racontée  d’André Breton.

Breton la rencontre à Paris, à l’automne 1926. Elle a vingt-quatre ans, une fragilité ardente, une manière d’habiter le monde comme un rêve sans garde-fou. 

« Elle dit à Breton qui lui demande son prénom : « Nadja parce qu’en russe c’est le commencement du mot espérance, et parce que ce n’en est que le commencement.  » 

Le livre est magnifique, mais il est aussi implacable. Léona s’enfonce. Le compte à rebours est commencé. Elle l’aimera follement, lui, se désengage…puis,elle est internée. Elle meurt en 1941, à l’hôpital psychiatrique de Bailleul. Breton ne la reverra jamais.

Léona  Delcourt n’est pas seulement Nadja.

Elle est la preuve que la littérature  peut effacer et peut sauver aussi.

Dans un livre bouleversant, Ella Balaert raconte Léona D.

*Léona D., la femme cachée dans le mythe de Nadja*, n’est pas un manifeste contre Breton, mais juste peut-être, une vérité sur beaucoup de manquements… une réponse à la question inavouée  de Léona :

– Et moi qui m’a  racontée ?

Ella Baleart, *Léona D.  La femme cachée dans le mythe de Nadja (Des Femmes Antoinette Fouque)

Photo© Ella Balaert by Yann Audino

Interviews

L’escale de Jeanne avec Pierrette Jacqueson

Pierrette Jacqueson, À sa manière…

Dans la voix de Pierrette Jacqueson, quelque chose tremble et se redresse aussitôt. C’est une intranquillité apprivoisée.

Peindre, pour elle, n’est ni refuge ni posture, mais la manière la plus exacte de tenir debout, d’affronter le manque, les absences, le secret de l’enfance toujours  en filigrane. 

Entre lumière et retrait, elle avance à pas mesurés, guidée par des couleurs qu’elle écoute avant de les poser. 

Ici, la création est un chemin intérieur où l’absence devient alliée, où la poésie, la chanson et le geste pictural composent une même « langue ».

Pierrette Jacqueson nous offre deux parties dans cette Escale de Jeanne. La première est une « lecture de soi ». 

La seconde partie est celle des questions et des réponses. 

L’artiste répond  avec cette gravité douce qui est celle de ceux qui ont été traversés par de lumineux éclats, lumineux et coupants….

Merci à La Brasserie Les Ondes qui nous a reçues.

Un peu de bruit certes, mais des bruits de vie.

Interviews

L’escale de Jeanne avec Jean-François Jabaudon

Il vit entre lac et montagne. Il écrit de la poésie, il peint, il fait de magnifiques photos et il pose ses poèmes sur les photos.

Il aime « Les passantes » de Georges Brassens. 

Il chante le poème chanson, comme on se souvient…

Chez lui, l’art n’est jamais une posture. C’est une façon de tenir debout, de saluer ce qui passe sans le posséder.

Lui, c’est Jean-François Jabaudon

Escale à distance

Interviews

Au Fil des Titres avec Alain Hoareau

*Au Fil des titres* de Jeanne Orient

C’est une nouvelle rubrique. C’est un format court. 

Un auteur nous parle des titres de ses livres. Car un livre n’arrive jamais par hasard. Il traîne derrière lui une généalogie, une chambre  à échos, faites de sons et « d’images ». 

Pourquoi une telle émission ? 

Parce qu’une interview consacrée aux titres, c’est demander à l’auteur : 

-D’où vient ce mot que vous avez osé poser en façade ? 

-Quelle histoire secrète transporte-t-il ? » 

En somme c’est une émission où l’auteur se raconte par ce qu’il a osé nommer ou ce que son éditeur l’a aidé à nommer. 

Et derrière ces titres, la littérature reprend peut-être son rôle le plus émouvant : faire entendre la vie cachée des mots.

Et c’est avec Alain Hoareau que nous ouvrons cette nouvelle rubrique.

Il a déjà neuf  livres publiés et un nouveau sur le chemin.

Et bien sûr je reviendrai vers d’autres  ici et ailleurs pour parler des titres des livres et de la vie cachée des mots 

C’est fascinant un titre…

Interviews

L’escale de Jeanne avec Véronique Bergen

« Tout art a produit des merveilles, l’art de gouverner n’a produit que des monstres »

Saint-Just

Dans ce roman *Saint-Just* aux Éditions Tinbad, Véronique Bergen nous raconte la Révolution française, la Terreur, Saint-Just.

Elle précise qu’elle n’est pas historienne.

Elle a choisi la fiction pour combler les blancs qui raconte cette période, qui disent Saint-Just et une polyphonie où toutes les voix sont convoquées.

Dans cet entretien, nous revenons avec elle également sur le geste d’écriture, la matière historique, les voix fantômes, la poésie comme respiration, et la manière dont un révolutionnaire de vingt-six ans parle encore à nos soulèvements contemporains.

L’Escale s’est faite à distance.

Merci infiniment à elle. 

Véronique Bergen, *Saint-Just* – Editions Tinbad