โ๐๐ข ๐ ๐๐๐ , ๐โ๐๐ ๐ก๐๐ข๐ก ๐๐๐๐รฉ / ๐๐ ๐๐ข๐ ๐๐๐๐ก รช๐ก๐๐ ๐ก๐ข / ๐๐ ๐๐ข๐ ๐๐ ๐ ๐๐๐ ๐๐๐ / ๐๐ ๐๐ข๐ ๐โ๐ ๐๐๐ ๐๐ ๐ ๐๐๐ / ๐๐ก ๐๐ ๐๐ข๐ ๐ โ๐๐ ๐ก ๐๐๐๐ รฉโฆ
๐ฝโ๐๐ ๐๐๐๐ก ๐๐๐ ๐๐๐ข๐๐ข๐๐ก๐ ๐๐ ๐๐๐ รฉ๐ก๐๐๐๐๐ โฆโ
On entre dans ce recueil comme on pousse la porte dโun cabinet de curiositรฉs oรน tout, jusquโau silence, serait prรฉcieux.
Dรจs les premiรจres pages, le ton est donnรฉ. Ici pas de plainte, pas de gรฉmissement, seulement une lumiรจre qui ne cesse de se reprendre elle-mรชme, de se froisser et de se dรฉplier.
Elle est pareille ร un tissu moirรฉ quโon tournerait entre ses doigts pour en changer le reflet.
Colette Daviles-Estinรจs รฉcrit ร la lisiรจre des pays et des saisons, dans cet entre-deux oรน les mots deviennent matiรจre : soie, or, pluie.
Elle raconte avec grande dรฉlicatesse, comme pour ne pas abรฎmer, ce qui reste quand tout a รฉtรฉ traversรฉ, les secrets quโon tait, les bris quโon ne rรฉpare pas, les constellations quโon assemble malgrรฉ tout en bouquets.
Ici, rien ne sโeffondre. Tout se transforme, se sublime, comme si la douleur elle-mรชme finissait par prendre la teinte or qui donne son titre au livre.
Et le jardin intรฉrieur bruisse de vent :
ยซ ๐ฟ๐ ๐ฃ๐๐๐ก ๐๐ข๐ ๐๐๐๐ก ๐โ๐๐๐๐๐ ๐๐ข๐ฅ ๐๐๐๐๐๐ ๐๐๐๐ ๐๐๐ ๐๐ข๐๐ก๐ ๐ฃ๐๐๐ข๐๐๐๐๐ ยป.
Lโexil comme gรฉographie du cลur plus que du corps. Et cette obstination discrรจte ร faire, de chaque fragment perdu, un fragment dโorโฆ
Les peintures vives de Philippe Croq ne viennent pas illustrer ce bijou, elles le prolongent, ajoutent une couche de lumiรจre ร une lumiรจre dรฉjร dense.
Lโรฉdition numรฉrotรฉe, presque confidentielle, semble vouloir protรฉger ce livre du grand ventโฆun peu comme on scelle un disque dโor pour quโil ne sโeffeuille pas.
Ce recueil se referme (ou plutรดt ne se referme jamais tout ร fait) sur ces mots qui rรฉsument, mieux que je ne saurais le faire, tout lโart de Colette Daviles-Estinรจs :
ยซ ๐๐๐ข๐ก ๐๐ ๐ก ๐๐๐๐ก๐๐๐ข ๐ร ๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐ข๐๐รจ๐๐ ๐๐๐๐๐ ๐ รฉ๐. ยป
*Lโor saisons *, Colette Daviles-Estinรจs
Peintures de Philippe Croq
Editions Tipaza

