𝘊𝘦 𝘫𝘦𝘶𝘥𝘪 23 𝘢𝘷𝘳𝘪𝘭, 𝘊𝘩𝘳𝘪𝘴𝘵𝘪𝘢𝘯𝘦 𝘙𝘢𝘯𝘤é é𝘵𝘢𝘪𝘵 à 𝘭𝘢 𝘓𝘪𝘣𝘳𝘢𝘪𝘳𝘪𝘦 𝘛𝘰𝘯𝘯𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘗𝘢𝘶, 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘶𝘯𝘦 𝘳𝘦𝘯𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦 𝘥é𝘥𝘪𝘤𝘢𝘤𝘦 𝘢𝘶𝘵𝘰𝘶𝘳 𝘥𝘦 𝘴𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘳𝘯𝘪𝘦𝘳 𝘭𝘪𝘷𝘳𝘦 *𝘘𝘶𝘦 viva 𝘌𝘴𝘱𝘢ñ𝘢*
Écouter Christiane Rancé c’est se laisser porter par un torrent de passions et de convictions. C’est reconnaître l’émotion et le rythme de son écriture, c’est découvrir une voix musique pour mieux revenir sur le texte.
Mais paradoxalement ce tourbillon est loin d’un itinéraire à la vitesse du TGV, mais prend plutôt l’allure d’un cheminement. Le temps nécessaire à l’imprégnation de « son » Espagne. Comme elle aime à le souligner l’Espagne est multiple et terre de paradoxe.
Que retient-elle de ses rencontres avec Dali ? Le mystique, plus que l’excentrique. Que retient-elle des pierres ? L’histoire qui les a érigées où réside leur éternelle beauté, tandis qu’elles finiront en poussières. À qui fait-elle référence ? À ces femmes de force et de courage, de Thérèse d’Avila à la « Duchesse rouge » en passant par Carmen. Et d’ajouter avec malice : « Pourtant les espagnols sont misogynes »…
Le paradoxe est partout, le paradoxe est passionnant… Et dans la vie religieuse si intense de l’Espagne La Passion semble prendre plus d’importance que la Résurrection, et dans tous les événements la joie de la fête succède sans préalable à toutes les douleurs.
Elle dit « l’Espagne a la mort dans la bouche », elle parle du Duende et à ce moment là je me souviens de Manuel De Falla, et j’entends intérieurement une oeuvre dans laquelle il est question de la douleur de la mort, puisqu’il s’agit du « Tombeau » sur la mort de Claude Debussy. Je me demande alors si c’est vraiment « par hasard » qu’il a choisi la guitare ( sa seule oeuvre pour cet instrument ), instrument emblématique de l’Espagne, pour exprimer ce sentiment…
Mais cet « itinéraire amoureux » en Espagne de Christiane Rancé c’est bien sûr mille autres choses. « Ses fenêtres », comme elle dit, ses ruelles, ses paysages, ses rencontres. Et puis elle ne vient pas seule. Elle emporte avec elle tout ce qu’elle a vécu, découvert, et à travers cet hommage à l’Espagne, n’est-ce pas finalement l’art de relier tous les itinéraires d’une vie ? Les siens par l’écriture, les nôtres par la lecture.
*Que viva España- Un itinéraire amoureux*

