Blog-Notes de Alain Hoareau

*L’oiseau de feu*, l’incendie salutaire

*L’oiseau de feu* de Stravinsky, l’exemple même de l’orchestration qui met à part égale l’ensemble et l’individuel qui constitue l’ensemble. 

La magnificence et la force de la communion sonore, la présence de la voix individuelle, irremplaçable dans son unicité. 

L’oiseau de feu , le multicolore et la clarté, l’un et le tout. 

Tels sont les mots immédiats qui me sont venus à la réécoute hier soir de ce concert donné au Louvre par l’orchestre de Paris sous la direction de Pierre Boulez. 

Et voici comment Pierre Boulez évoquait l’orchestration de *L’oiseau de feu* : 

« La maîtrise orchestrale s’y affirme avec une vigueur et une verdeur que je ne puis comparer qu’à celles de la Symphonie Fantastique de Berlioz (bien que je sache que Stravinsky n’aimait pas spécialement Berlioz… ). Je dirais volontiers que la modernité de l’orchestration du XIXe siècle s’est révélée dans la Symphonie Fantastique, de même qu’elle s’est révélée dans l‘Oiseau de Feu. Une virtuosité innée s’y manifeste, commune aux deux compositeurs, et révélatrice de leur génie poétique. »

Une musique fascinante et terriblement inquiétante, légende source mais d’une modernité permanente : il semblerait que nous n’en finissions jamais de combattre pour la liberté. Résonance terriblement actuelle…

Et le chef Boulez de déclarer également : 

« Je vois en effet, dans l’Oiseau de Feu une espèce d’avidité à se saisir de la musique déjà existante pour la transmuter en un objet agressivement personnel.[…] Nous sommes donc parfaitement en mesure d’apprécier la vivacité avec laquelle le ferment d’une pensée créatrice a entrepris son travail initial. »

Quant à la direction de Pierre Boulez : la précision et la clarté qui nous fait croire que nous sommes capables de saisir le sens et la structure de l’œuvre comme si nous étions à sa place.  

Nous prenons ce plaisir, nous le goûtons et puis nous redescendons sur terre très humblement mais peut-être un peu meilleur. 

Nous avons tenu un instant la plume magique de l’oiseau qui nous a donné la liberté de comprendre. 

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