{"id":991,"date":"2026-06-11T16:32:48","date_gmt":"2026-06-11T14:32:48","guid":{"rendered":"https:\/\/jeanneorient.com\/?p=991"},"modified":"2026-06-11T16:32:48","modified_gmt":"2026-06-11T14:32:48","slug":"simera-en-crete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeanneorient.com\/?p=991","title":{"rendered":"*Sim\u00e9ra en Cr\u00e8te*"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">*\ud835\udc12\ud835\udc22\ud835\udc26\ud835\udc1e\u0301\ud835\udc2b\ud835\udc1a \ud835\udc1e\ud835\udc27 \ud835\udc02\ud835\udc2b\ud835\udc1e\u0300\ud835\udc2d\ud835\udc1e* \ud835\udc28\ud835\udc2e \ud835\udc25\ud835\udc1e \ud835\udc2f\ud835\udc28\ud835\udc32\ud835\udc1a\ud835\udc20\ud835\udc1e \ud835\udc1c\ud835\udc28\ud835\udc26\ud835\udc26\ud835\udc1e \ud835\udc2c\ud835\udc1e\ud835\udc2e\ud835\udc22\ud835\udc25 \u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00abFuis l\u2019horizon bruyant qui toujours te r\u00e9clame \/ Pour \u00e9couter enfin ta vivante rumeur\u2026\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Jules Supervielle ouvre ce livre comme on ouvre une porte longtemps condamn\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Catherine Sourd l\u2019a choisie en exergue et ce n\u2019est pas un hasard. Elle aussi avait une porte bloqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00abIl y a des ann\u00e9es, je m\u2019en rends compte maintenant, que l\u2019\u00e9criture est en travers de ma porte. Je ne pouvais pas sortir\u2026\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Ce voyage \u00e0 cheval en Cr\u00e8te, elle l\u2019a fait en 1982.&nbsp; Et ce texte a attendu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Quarante-quatre ans avant d\u2019\u00eatre \u00e9dit\u00e9. Quarante-quatre ans entre le seuil et le passage. Comme si le livre lui-m\u00eame devait m\u00fbrir \u00e0 l\u2019ombre, hors du temps, avant de consentir \u00e0 exister.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">115 pages. Pas une de trop. Une odyss\u00e9e&nbsp; ! Le mot s\u2019impose, parce que le voyage a cette forme : partir pour revenir autrement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Partir pour se retrouver capable de rentrer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La jument s\u2019appelle Sim\u00e9ra.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">En grec, cela veut dire \u00ab aujourd\u2019hui \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Catherine Sourd avait eu un chien, autrefois, elle l\u2019avait appel\u00e9 Jadis. Entre Jadis et Sim\u00e9ra, une vie s\u2019est jou\u00e9e. Une travers\u00e9e du temps. On ne saura pas tout et c\u2019est bien ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Sim\u00e9ra impose son rythme. Sa lenteur. Ses arr\u00eats. C\u2019est elle qui d\u00e9cide, en r\u00e9alit\u00e9, comme ces chiens guides qui savent, \u00e0 l\u2019insu presque de leur ma\u00eetre, o\u00f9 poser le pied. La jument ne sait pas qu\u2019elle soigne. Elle est soign\u00e9e aussi. Elles deviennent complices<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Les paysages sont splendides et l\u2019\u00e9criture po\u00e9tique, nerveuse, charnelle. Un corps-\u00e0-corps avec la nature.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La beaut\u00e9&nbsp; dans les arr\u00eats, les haltes, les sources. L\u2019eau comme oasis, le sable comme r\u00eave, la nuit \u00e9toil\u00e9e, la lune belle et ronde sur les collines blanches.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">L\u2019eau justement. Elle est m\u00e9taphore et souterraine dans le texte. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Et puis, il a les r\u00eaves. Ils&nbsp; sont le c\u0153ur battant du livre, sa nuit int\u00e9rieure, son d\u00e9sordre n\u00e9cessaire :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00abParce que mes r\u00eaves cherchent \u00e0 la traverser, parce qu\u2019ils veulent rentrer en moi. Mais cette nuit c\u2019est impossible, je les ai mis dehors. Et du seuil de ma peau je les vois. Ils grouillent. Je ne les reconnais plus [\u2026] Ils m\u2019ont pris la parole. Ils ont m\u00e9lang\u00e9 toutes les lettres de mon alphabet et m\u2019ont r\u00e9duite au charabia [\u2026]&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Mes r\u00eaves tourbillonnent. Ils sont sortis en temp\u00eate de ma m\u00e9moire grande ouverte [\u2026] Mes r\u00eaves sont au bout de mes doigts comme au bout de ma langue [\u2026]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp; Ils se sont pos\u00e9s d\u00e9licatement sur mon corps comme une multitude de papillons de nuit. Ils sont phosphorescents. Je suis baign\u00e9e de lueurs fr\u00e9missantes [\u2026] Maintenant \u00e0 la source de mes r\u00eaves je m\u2019abreuve. Et mes r\u00eaves me bordent et posent des baisers sur mon front. Oui, j\u2019ai compris. Nous sommes ins\u00e9parables\u2026\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Ce passage est bouleversant. Il dit tout ! L\u2019insomnie&nbsp; cr\u00e9atrice, la langue perdue et retrouv\u00e9e, l\u2019\u00e9criture comme corps \u00e9tranger et&nbsp; qui finit par exister. Le sable des r\u00eaves comme le sable du chemin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">On pense \u00e0 Nicolas Bouvier et *L\u2019Usage du monde*, le voyage qui use et qui refait. On pense au silence des routes lentes. Au fait qu\u2019on ne gu\u00e9rit pas vraiment\u2026on apprend \u00e0 marcher avec ce qu\u2019on porte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin du voyage, il faut vendre Sim\u00e9ra. Catherine Sourd veut la vendre au plus gentil, celui qui la laissera libre, sereine, qui ne la maltraitera pas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Sim\u00e9ra veut dire \u00ab Aujourd\u2019hui \u00bb. Et aujourd\u2019hui ne s\u2019emporte pas\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">La couverture porte un centaure d\u2019Odilon Redon,&nbsp; mi-homme mi-b\u00eate, mi-terre mi-r\u00eave, mi-hier mi-demain. Le livre est l\u00e0, entre les deux. Il apporte de l\u2019espace. Du lointain dans la proximit\u00e9. Du visible dans la lenteur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Catherine Sourd a d\u00e9pos\u00e9 le livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Quelque&nbsp; chose s\u2019est d\u00e9plac\u00e9 en elle,&nbsp; pas gu\u00e9ri compl\u00e8tement. Mais la porte s\u2019est entrouverte. L\u2019\u00e9criture peut sortir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Et nous, lecteurs, nous restons l\u00e0 avec ce livre \u00e9crit en 1982, \u00e9dit\u00e9 en 2026, qui porte en lui ce temps suspendu comme une bougie qu\u2019on aurait oubli\u00e9 d\u2019\u00e9teindre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00abFuis l&rsquo;horizon bruyant qui toujours te r\u00e9clame \/ Pour \u00e9couter enfin ta vivante rumeur \/ Que garde maintenant de ses arcs de verdeur \/ Le palmier qui s&rsquo;incline aux sources de ton \u00e2me.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Catherine Sourd, *Sim\u00e9ra en Cr\u00e8te &#8211; Un vagabondage \u00e0 cheval*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/editions.desinstants.98?__cft__%5B0%5D=AZZZcZ3y_3ZGnreypTqGDuYshny999DDvod6BcTMGLo3gup0Wu4SVUm4rBexp_S--FZ56hKb7QFlWt2c_0asp32dCiCUXeBqDlYHmtJssXVJvhR4y24JL5xxy2yNLLg8OFeBPGoIgyTXuQ0hK6Vu7--dTev4_ZXFV1Ud1SeZso8NyQ&amp;__tn__=-%5DK-R\"><strong>Editions Des Instants<\/strong><\/a> (2026)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video height=\"576\" style=\"aspect-ratio: 1024 \/ 576;\" width=\"1024\" controls src=\"https:\/\/jeanneorient.com\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/7cf47224-f0d1-4d29-b436-84bef876967b.mp4\"><\/video><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>*\ud835\udc12\ud835\udc22\ud835\udc26\ud835\udc1e\u0301\ud835\udc2b\ud835\udc1a \ud835\udc1e\ud835\udc27 \ud835\udc02\ud835\udc2b\ud835\udc1e\u0300\ud835\udc2d\ud835\udc1e* \ud835\udc28\ud835\udc2e \ud835\udc25\ud835\udc1e \ud835\udc2f\ud835\udc28\ud835\udc32\ud835\udc1a\ud835\udc20\ud835\udc1e \ud835\udc1c\ud835\udc28\ud835\udc26\ud835\udc26\ud835\udc1e \ud835\udc2c\ud835\udc1e\ud835\udc2e\ud835\udc22\ud835\udc25 \u2026 \u00abFuis l\u2019horizon bruyant qui toujours te r\u00e9clame \/ Pour \u00e9couter enfin ta vivante rumeur\u2026\u00bb&nbsp; Jules Supervielle ouvre ce livre comme on ouvre une porte longtemps condamn\u00e9e.&nbsp; &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":992,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-991","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-chroniques","latest_post"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/991","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=991"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/991\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":994,"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/991\/revisions\/994"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/992"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=991"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=991"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/jeanneorient.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=991"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}