{"id":683,"date":"2025-08-15T08:52:02","date_gmt":"2025-08-15T06:52:02","guid":{"rendered":"https:\/\/jeanneorient.com\/?p=683"},"modified":"2025-08-15T08:52:03","modified_gmt":"2025-08-15T06:52:03","slug":"ou-les-etoiles-tombent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeanneorient.com\/?p=683","title":{"rendered":"*O\u00f9 les \u00e9toiles tombent*"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Auguri Mathid\u00e9\u2026 Auguri&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Mathilde est revenue\u2026 De loin, tr\u00e8s loin. Le 12 ao\u00fbt 2022, avec C\u00e9dric Sapin Defour son \u00e9poux, ils vont faire du parapente dans une vall\u00e9e de la province de Bolzano en Italie.&nbsp; Ils savent les gestes, ils savent l\u2019envol, ce ne sont pas des novices, leur vie c\u2019est la montagne, ses hauteurs, son oxyg\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">C\u00e9dric se lance avant Mathilde et puis, il regarde en arri\u00e8re, il ne la voit pas. Il ne panique pas tout de suite. Mais la radio de Mathilde ne r\u00e9pond pas, il tournoie \u00e0 sa recherche et il voit au sol le tissu du parapente. Il claque au vent.&nbsp; Et tout s\u2019enchaine<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">O\u00f9 les \u00e9toiles tombent de C\u00e9dric Sapin Defour est un livre aux aguets de l\u2019immobile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Des mots obs\u00e9dants : polytraumatis\u00e9e, soins intensifs, souffle, montagne, neige, air, eau&#8230; Mathilde, Mathilde\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">C\u00e9dric Sapin Defour \u00e9crit dans les intervalles, dans la d\u00e9chirure des mots s\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Il a une d\u00e9fiance envers les images, celle d\u2019avant l\u2019accident. Celle de la joie, celles de l\u2019aventure. Mais en m\u00eame temps, ces images sont Mathilde, sont ce qu\u2019est toujours Mathilde m\u00eame si elle ne pourra plus voler. Voler\u2026 le mot magique, le souffle magique. Voler\u2026 et une image s\u2019interpose\u2026tomber, se briser\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Mais C\u00e9dric ne veut pas de mots qui ne vont pas \u00e0 Mathilde. Il est tr\u00e8s attentif \u00e0 son souffle \u00e0 ses mouvements nouveaux. Elle r\u00e9apprend tout Mathilde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Et lui aussi. \u00ab L\u2019accident pulv\u00e9rise hier et demain \u00bb, mais sans les effacer vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Il apprend \u00e0 se m\u00e9fier des mots qui pourraient faire tamis jusqu\u2019\u00e0 ne plus garder que le vide, le vertige.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but juste apr\u00e8s l\u2019accident nous lisons la peur de C\u00e9dric, l\u2019effroi de Mathilde, ses yeux fixes, la formidable \u00e9quipe de secours, les soins intensifs, les onomatop\u00e9es,&nbsp; les graffitis pour emp\u00eacher la vie de s\u2019en aller<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Et Mathilde revient Par paliers. En reprenant conscience, elle d\u00e9couvre son corps \u00ab nouveau \u00bb. Et la dimension de ces mots \u00ab qu\u2019est-ce qu\u2019une vie normale ? \u00bb pour celui qui a failli mourir et garde des s\u00e9quelles en restant vivant et pour l\u2019autre qui l\u2019a veill\u00e9 en recueillant le sacr\u00e9 de chaque fr\u00e9missement de vie comme une sortie de deuil\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Nous ne lisons pas C\u00e9dric Sapin Defour, nous l\u2019\u00e9coutons, nous sommes face \u00e0 lui. Il \u00e9crit \u00e0 la bu\u00e9e. Nous lisons \u00e0 la bu\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Et puis Mathilde, Mathilde qui r\u00e9apprend tout. Elle r\u00e9apprend \u00e0 retisser les mots, elle r\u00e9apprend les gestes du corps, elle r\u00e9apprend \u00e0 s\u2019orienter en elle-m\u00eame, en eux-m\u00eames. Elle r\u00e9apprendra plus tard dans quel ordre se commande un caf\u00e9. Quand choisir, commander, payer, remercier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Et puis il y a le temps. Ce temps double qu\u2019il faudra accorder. Mathilde en mouvements permanents pour se r\u00e9approprier son corps, sa vie sauv\u00e9e et C\u00e9dric, clou\u00e9 \u00e0 l\u2019instant, \u00e0 la veill\u00e9e, \u00e0 cette patience qui consiste \u00e0 \u00e9pouser la vitesse de l\u2019autre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Deux voies parall\u00e8les, comme deux trains qui ne partent jamais \u00e0 la m\u00eame heure dira-t-il, mais qui se rejoignent toujours<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">C\u00e9dric Sapin Defour nous raconte une histoire vraie. L\u2019\u00e9criture est vraie. La po\u00e9sie habite des paragraphes entiers. Il faut lire livre, il faut pouvoir dire Auguri Mathild\u00e9, Auguri et il faut \u00e9galement prendre contre soi ce livre.&nbsp; Avec tendresse, avec pudeur, avec \u00e9merveillement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Nous sommes le t\u00e9moin du t\u00e9moin. Nous sommes les t\u00e9moins de C\u00e9dric qui est le t\u00e9moin de Mathilde. Nous sommes les t\u00e9moins de Mathilde qui est le t\u00e9moin de son propre retour dans la vie, \u00e0 la vie\u2026 Auguri Mathild\u00e9,&nbsp; Auguri\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Ce livre est une cartographie de la perte et de la reconqu\u00eate du territoire. Mathilde est revenue presque la m\u00eame et pourtant un peu autre. C\u00e9dric est rest\u00e9 presque le m\u00eame et un peu autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00ab O\u00f9 tombe les \u00e9toiles \u00bb est un livre o\u00f9 on s\u2019\u00e9meut et o\u00f9 on sourit en m\u00eame temps ainsi :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00ab Toutes les trente secondes, je consulte mon t\u00e9l\u00e9phone, ce soir Siri me dira d&rsquo;\u00eatre vigilant quant \u00e0 mon temps d&rsquo;\u00e9cran, \u00e7a me fera une conversation \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Et cet extrait magnifique :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">\u00ab J&rsquo;avais pens\u00e9 \u00e0 ton visage aussi mais pas \u00e0 cette annexe qu&rsquo;il dissimule : le cerveau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Moi, je croyais que c&rsquo;\u00e9tait le c\u0153ur qui pensait, qui aimait, qui fr\u00e9missait, qui en faisait trop ou pas assez. Parfois il bat vite, d&rsquo;autres fois on le secoue. En r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est le cerveau. Un c\u0153ur, c&rsquo;est plus joli qu&rsquo;un cerveau. C&rsquo;est un oyas en peau d&rsquo;argile blotti dans la terre et qui irrigue tout autour de lui, quand le cerveau, lui, on dirait le p\u00e9riph\u00e9rique parisien. Mais c&rsquo;est l\u00e0-haut, dans ce lacis clignotant et selon un cadastre \u00e9lectrique rigoureux qu&rsquo;habitent la gaiet\u00e9, l&rsquo;effroi, la tendresse, la po\u00e9sie, l&rsquo;\u00e9merveillement, la d\u00e9licatesse, la possibilit\u00e9 de la joie, les douces m\u00e9lancolies, les forces de l&rsquo;espoir, le don de la nuance, l\u2019arbitrage des peurs, l&rsquo;accueil de l&rsquo;autre, la tentation de la violence, la soif de d\u00e9couvrir, le doute, l&rsquo;imaginaire, les r\u00eaves oubli\u00e9s, les v\u00e9rit\u00e9s fragiles et toutes ces folies passionnantes qui rendent la vie respirable. L&rsquo;amour m\u00eame niche l\u00e0-haut, dans ce trafic o\u00f9 la moindre collision paralyse le monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le cerveau est le seul bout de nous, qu&rsquo;on ne sait pas assister ni remplacer, il n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 soi. Le joli c\u0153ur n&rsquo;est qu&rsquo;une pompe et il aura beau battre, \u00e0 quoi sert-il si tout ce qui rend sensible s&rsquo;\u00e9teint ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Je n&rsquo;y avais pas pens\u00e9, si le c\u0153ur s&rsquo;arr\u00eate, on meurt, si c&rsquo;est le cerveau, on ne vit plus\u2026 \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">&nbsp;Tout au long de ma lecture j\u2019entendais en bruit de fond la chanson de Daniel Darc : La taille de mon \u00e2me<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Si tu savais mes mains\u2026 rien<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Si tu savais mes reins\u2026rien<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Si tu savais mes jambes\u2026 rien<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Si tu savais mes bras\u2026 rien<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Mais si seulement tu savais la taille de mon \u00e2me\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Si seulement vous saviez la taille de leur \u00e2me \u00e0 chacun de \u00ab ces deux-l\u00e0 \u00bb !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Merci C\u00e9dric Sapin Defour pour ce bouleversant tomber d\u2019\u00e9toiles et&nbsp; ce magnifique lever de rideau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Auguri Mathild\u00e9, Auguri\u2026 Mathilde est revenue<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/cedric.sapindefour?__cft__%5B0%5D=AZXrX21CxYgaQq0q8FytVDeCtggU2AcANJIxhdZnKne0o971PxugHyqChyM7nyFwrLTDeunjuKp2xUZa_rjhxjsCJR3KOyvmlbeLy9NOnlDZk4voAWqn8tE001gj_Lzhu3fFWX04MG2bNKMChdXS867UrOHxjtq0Zj2ECFmNDiz7Rg&amp;__tn__=-%5DK-R\"><strong>C\u00e9dric Sapin-Defour<\/strong><\/a>, * O\u00f9 les \u00e9toiles tombent*, <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/EditionsStock?__cft__%5B0%5D=AZXrX21CxYgaQq0q8FytVDeCtggU2AcANJIxhdZnKne0o971PxugHyqChyM7nyFwrLTDeunjuKp2xUZa_rjhxjsCJR3KOyvmlbeLy9NOnlDZk4voAWqn8tE001gj_Lzhu3fFWX04MG2bNKMChdXS867UrOHxjtq0Zj2ECFmNDiz7Rg&amp;__tn__=-%5DK-R\"><strong>Editions Stock<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed alignleft is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Au Fil des pages de Jeanne avec C\u00e9dric Sapin-Defour et *O\u00f9 les \u00e9toiles tombent* - Editions Stock\" width=\"840\" height=\"473\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Bha2_jiMtRs?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auguri Mathid\u00e9\u2026 Auguri&nbsp; Mathilde est revenue\u2026 De loin, tr\u00e8s loin. 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