{"id":678,"date":"2025-08-10T19:11:04","date_gmt":"2025-08-10T17:11:04","guid":{"rendered":"https:\/\/jeanneorient.com\/?p=678"},"modified":"2025-08-11T08:32:32","modified_gmt":"2025-08-11T06:32:32","slug":"parmi-toutes-les-autres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jeanneorient.com\/?p=678","title":{"rendered":"*Parmi toutes les autres*"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size\">*Parmi toutes les autres* ou si peu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">\u00ab Vous \u00e9tiez revenu. Parmi toutes les autres, vous m\u2019aviez remarqu\u00e9e. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Op\u00e9ra de Paris, fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Ad\u00e8le a quinze ans. Elle est petit rat \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Les pieds en sang, le sourire oblig\u00e9. Gr\u00e2cieuse toujours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Parmi les messieurs venus lorgner les ballerines, un regard diff\u00e9rent, le peintre des danseuses : Edgar Degas&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Un apr\u00e8s-midi de mai, quelques mots\u2026 et Ad\u00e8le &nbsp; l\u2019emm\u00e8ne dans sa chambre.&nbsp; Ils s\u2019aimeront.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Elle dira l\u2019\u00e9blouissement de ce moment. Elle dira ces arbres de printemps qui bruissent et lui rappellent le bruit de la mer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Elle sait d\u00e9j\u00e0 qu\u2019il ne reviendra plus, mais elle sait aussi que ce \u00ab si peu \u00bb&nbsp; la tiendra toute une vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">En partant, Degas lui laisse un dessin, une esquisse : Portrait de famille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Ad\u00e8le se mariera, aura un enfant. Lui aimera ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">H\u00e9l\u00e8ne Veyssier signe \u00ab un roman d\u2019absence et d\u2019obsession, tout en clair-obscur \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Un r\u00e9cit o\u00f9 l\u2019amour est plus vaste que l\u2019\u00e9v\u00e9nement, o\u00f9 l\u2019attente devient l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">On y retrouve la cruaut\u00e9 du m\u00e9tier de danseuse d\u2019Op\u00e9ra \u00e0 l\u2019\u00e9poque : la discipline qui d\u00e9vore, la pauvret\u00e9 en coulisses, les regards qui marchandent au-del\u00e0 de la beaut\u00e9 de la danse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Pourquoi lire ce roman ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">&#8211; D\u00e9j\u00e0 pour la grande beaut\u00e9 de l\u2019\u00e9criture d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Veyssier. Elle a ce style d\u00e9pouill\u00e9 qui en peu de mots, plante un d\u00e9cor, son paysage, son atmosph\u00e8re, son arri\u00e8re-pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Et ce personnage d\u2019Ad\u00e8le ! Il a s\u00fbrement exist\u00e9 sous d\u2019autres formes. Il est \u00e9mouvant pour cela. Ce roman c\u2019est \u00ab Ad\u00e8le \u00bb. C\u2019est autour de ce \u00ab si peu \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Degas a peint, dessin\u00e9, sculpt\u00e9 les petits rats de l\u2019Op\u00e9ra avec une intensit\u00e9 quasi obsessionnelle. Mais cette obsession \u00e9tait surtout d\u2019ordre esth\u00e9tique et sociologique. Il s\u2019int\u00e9ressait \u00e0 la m\u00e9canique du corps en mouvement, \u00e0 la discipline, aux coulisses, \u00e0 la lumi\u00e8re des cintres, \u00e0 ce que l\u2019\u0153il mondain ne voit pas\u2026Il n\u2019a pas laiss\u00e9 trace d\u2019un grand amour je crois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">&#8211; Et puis, parce qu\u2019il y l\u00e0 un vertige. Un immense vertige : comment un instant peut nourrir toute une existence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">&#8211; Et aussi, parce-qu\u2019Edgar Degas, sans le vouloir, a offert \u00e0 Ad\u00e8le un destin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Peut-\u00eatre ajouter, que ce roman\/fiction parle un peu de nous. De ces obsessions qui parfois nous habitent et que nous tissons en fils m\u00e9moire\u2026. Tant\u00f4t comme un filet pour ne pas tout \u00e0 fait tomber, tant\u00f4t comme un fil de cerf-volant pour continuer de nous \u00e9lancer plus haut\u2026 pour continuer de \u00ab respirer \u00bb en quelque sorte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Il faut si peu pour \u00ab vivre \u00bb et Ad\u00e8le qui continue son soliloque avec Degas bien apr\u00e8s la mort du peintre, lui dira :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">\u00ab Si quelqu\u2019un se souvient de la petite danseuse, alors qu\u2019il entende en \u00e9cho l\u2019histoire de votre tableau et la mienne et qu\u2019ainsi j\u2019existe \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Et nous savons aujourd\u2019hui qu\u2019elle existe. Et nous ferons&nbsp; \u00e9cho \u00e0 sa voix, \u00e0 sa vie\u2026.\u00e0 ce si peu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/helene.veyssier.5?__cft__%5B0%5D=AZVC4WUelw_3yv2s1WSZmIQTb7i-5IN5_hHnDUITxkMA9eIp_spdxUkVbl5IoTLtFFEo8z-PwmU7DzrBbvWSLX1l_bra4kR2q6gI5zdkBo8hwlr-kRcO_Jwbyl6_V3hQ5DtTHFbbkPbRtWgfSyZP9FLXTo11Vwfk7YSJ1cHbC16Gog&amp;__tn__=-%5DK-R\"><strong>Helene Veyssier<\/strong><\/a> &#8211; *Parmi toutes les autres* (<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/editionsbuchetchastel?__cft__%5B0%5D=AZVC4WUelw_3yv2s1WSZmIQTb7i-5IN5_hHnDUITxkMA9eIp_spdxUkVbl5IoTLtFFEo8z-PwmU7DzrBbvWSLX1l_bra4kR2q6gI5zdkBo8hwlr-kRcO_Jwbyl6_V3hQ5DtTHFbbkPbRtWgfSyZP9FLXTo11Vwfk7YSJ1cHbC16Gog&amp;__tn__=-%5DK-R\"><strong>\u00c9ditions Buchet\/Chastel<\/strong><\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>*Parmi toutes les autres* ou si peu\u2026 \u00ab Vous \u00e9tiez revenu. 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