Chroniques

*Clément*

« 𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘧𝘢𝘯𝘵𝘢𝘴𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘤𝘦 𝘲𝘶’𝘰𝘯 𝘱𝘦𝘶𝘵 𝘴𝘶𝘱𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘳… » Guillaume Apollinaire 

Et lire *Clément* de Romain Lemirele cherche midi éditeur – est un concentré de ces mots.

Le livre s’ouvre sur une phrase :

« On ne sait pas ce que le passé nous réserve. »

Et puis, quelques lignes plus loin, cette autre phrase, aussi simple, aussi foudroyante :

« Voila, tu la connais l’histoire. »

Non. On ne la connaît pas encore. Mais on va la traverser avec lui.

Le livre s’appelle *Clément*. 

Clément, c’est l’enfant. C’est l’auteur. C’est Romain Lemire – parolier, comédien, chanteur, pianiste – qui a mis quarante-sept ans à trouver comment revenir chercher ce garçon de sept ans qu’il avait laissé quelque part dans le noir.

Paris. Montparnasse. Les années 80. Une enfance cultivée, joyeuse, aimante. 

Un père professeur de français – brillant, qu’on écoute, qu’on regarde. Une mère qui travaille dans l’édition. Deux frères, Pierre et Victor. Une sœur, Estelle. Une maison familiale l’été. Des grands-parents, des cousins, des cousines, des amis.

Et dans ce « décor-là », le père viole Clément. De ses sept ans jusqu’à ses quatorze ans.

Ce qui distingue *Clément* de tant d’autres bouleversants témoignages, c’est que Romain Lemire a compris  quelque chose d’essentiel, on ne peut pas raconter l’inceste depuis la hauteur de l’adulte qui sait. On ne peut pas descendre dans le noir avec un projecteur. 

Il faut y retourner avec les yeux qu’on avait alors. Les mains qu’on avait alors et les mots qui manquaient alors.

« Ecrire à hauteur d’enfant »

Et c’est remonter *Clément*. Par paliers…

*Clément* de Vincent Lemire – Cherche-Midi Éditeur

Prix Goncourt du premier roman – 2026

Interviews

L’escale de Jeanne avec François Mocaër

Profession : 𝐄́𝐝𝐢𝐭𝐞𝐮𝐫

« …𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑚𝑎𝑛𝑞𝑢𝑒 / que 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑑é𝑐𝑜𝑢𝑣𝑟𝑜𝑛𝑠 𝑐𝑒 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡 𝑙𝑢𝑚𝑖𝑛𝑒𝑢𝑥 / 𝑜ù 𝑠𝑒 𝑓𝑜𝑛𝑑𝑟𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑑𝑒𝑚𝑒𝑢𝑟𝑒𝑟 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙’é𝑡𝑒𝑟𝑛𝑖𝑡é […]

𝐸𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑜𝑦𝑜𝑛𝑠 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑙’𝑖𝑚𝑚𝑒𝑛𝑠𝑒 𝑣𝑜𝑦𝑎𝑔𝑒 / à 𝑝𝑎𝑟𝑐𝑜𝑢𝑟𝑖𝑟 𝑑’𝑖𝑐𝑖 𝑗𝑢𝑠𝑞𝑢’à 𝑙’𝑎𝑢𝑏𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑚𝑒𝑡𝑡𝑒𝑢𝑠𝑒 / 𝑒𝑛 𝑐𝑒 𝑟𝑖𝑣𝑎𝑔𝑒 𝑎𝑐𝑐𝑢𝑒𝑖𝑙𝑙𝑎𝑛𝑡 / 𝑙’𝑢𝑛𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑟è𝑔𝑙𝑒 𝑑’𝑜𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑢𝑙𝑒𝑠 𝑠𝑒𝑐𝑟è𝑡𝑒𝑠… »*

Il est drôle, «cash », mystique. Exigeant. Il est casse-cou aussi.

Il est éditeur….

Editions unicité -François Mocaër-

Nous étions à la Brasserie *Le Sélect* infiniment remerciée pour l’accueil 

C’est un peu bruyant, mais c’est des bruits de vie.

Allez jusqu’au bout, il parlera des « mangeurs de lumière », de ses chiens, et de ce chat qui n’a plus que trois pattes.

Et aussi du silence qu’il aime tant dans le bus de nuit qui le mène chez lui à Saint-Chéron.

L’escale de Jeanne, avec un personnage !

*Textes et poésie mystiques de François Mocaër (extrait)

Rencontres Littéraires et Autres

L’émotion des Mots Sons

« 𝑳𝒆𝒔 𝒄𝒉𝒂𝒏𝒔𝒐𝒏𝒔 𝒅𝒊𝒔𝒆𝒏𝒕 𝒑𝒂𝒓𝒇𝒐𝒊𝒔 𝒄𝒆 𝒒𝒖’𝒐𝒏 𝒏’𝒐𝒔𝒆𝒓𝒂𝒊𝒕 𝒋𝒂𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒂𝒗𝒐𝒖𝒆𝒓 𝒆𝒏 𝒑𝒂𝒓𝒍𝒂𝒏𝒕»*

Un soir de mai, chez Anne Ghisoli et son équipe de libraires, à Librairie Gallimard Paris

Avec :

Katia Bouchoueva, Stéphane Hirschi, Fred Nevché

 Et *L’émotion des mots-sons*

Ils nous ont raconté :

Le sens profond de l’acte d’écrire, de dire, de chanter 

Le tissage d’une chanson  avec ses accrocs et son moiré

Tous sont des « conteurs… » avec la beauté du conte, son mystère et son émotion.

Ce qu’il provoque en nous. Ce qu’il déplace. 

Et le temps qui est de la traversée.

Le temps compté d’une chanson, d’un texte « slamé » 

Ce temps même qui rend éternelle *l’émotion des mots-sons*

Merci également à Armelle Le Golvan, Béatrice Courraud, Annie Dana, Jérémie Bossone et Dominique Bertrand

Ils ont chacun, à leur façon, «performé»

Une rencontre particulière et émouvante…

Et un public formidable, présent, attentif, ému. La salle tout entière complice de cette traversée des mots.

* Françoise Hardy

Il était une fois...

Si le Litani m’était conté…

𝗨𝗻𝗲 𝗿𝗶𝘃𝗶𝗲̀𝗿𝗲, 𝘂𝗻 𝗳𝗹𝗲𝘂𝘃𝗲, 𝘂𝗻 𝗽𝗼𝗲̀𝘁𝗲, 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀…

De Gibran Khalil Gibran au fleuve Litani, cette chronique suit le fil de l’eau pour parler de mémoire et de ce qui ne disparaît jamais vraiment, mais se transforme, doucement, en océan.

Entrer dans la mémoire de l’autre sous la forme d’un conte est une forme d’éternité…

Jeanne Orient

Interviews

L’escale de Jeanne avec Caroline Huppert

« 𝘓𝘦𝘴 𝘩𝘰𝘳𝘪𝘻𝘰𝘯𝘴 𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦𝘷𝘶𝘴 𝘥𝘰𝘯𝘯𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘥é𝘴𝘪𝘳𝘴 𝘧𝘰𝘶𝘴. » 𝘍𝘭𝘢𝘶𝘣𝘦𝘳𝘵

Caroline Huppert a longtemps cherché ses horizons derrière une caméra.

Elle en a trouvé un nouveau, inattendu, dans l’écriture…

𝗨𝗻𝗲 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗰𝗮𝗰𝗵é𝗲 ou l’histoire de ses parents, Annick et Raymond, mariés le 26 octobre 1940 dans la France occupée.

Bouleversant récit, d’une grande beauté.

Un destin…

Caroline Huppert, *Une histoire cachée*, Editions Mercure de France

L’escale de Jeanne au  Café Restaurant Les Éditeurs (infiniment remerciés)

Chroniques

*la vague au doigt*

« 𝘓’𝘢𝘪𝘳 𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘭𝘦𝘪𝘯 𝘥𝘶 𝘧𝘳𝘪𝘴𝘴𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘴 𝘤𝘩𝘰𝘴𝘦𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘴’𝘦𝘯𝘧𝘶𝘪𝘦𝘯𝘵… »•

*𝐋𝐚 𝐯𝐚𝐠𝐮𝐞 𝐚𝐮 𝐝𝐨𝐢𝐠𝐭* d’Alain Hoareau est à la fois un recueil photographique, un carnet poétique et une méditation sur la perte. 

Trois temps du même geste : 

– la vague vivante, indomptable ; 

– la photo, corps figé de ce qui fut ;

– l’écriture, enfin, pour dire la perte, ce  qui s’est  enfui et pourtant la vie toujours 

Alain Hoareau, *La Vague au doigt*, Editions unicité -François Mocaër-.

Parution  le 15 mai

• Charles Baudelaire

Chroniques

*De l’univers visible et invisible*

𝑳’𝒂𝒓𝒕 𝒆𝒏 𝒔𝒂 𝒅𝒆𝒎𝒆𝒖𝒓𝒆…

De l’art, on dit souvent qu’il éclaire.

Stéphane Barsacq fait mieux encore, il nous apprend à voir dans la pénombre.

*De l’univers visible et invisible  – Éloge de l’art*, paru chez Le Passeur éditeur, est un livre merveilleux. On y entre comme dans une pièce déjà habitée.

Stéphane Barsacq est le fils du sculpteur Goudji, petit-fils d’André Barsacq, familier des artistes qu’il a longuement fréquentés, de Balthus à Cartier-Bresson, il ne parle pas de l’art, il circule dedans. 

Ce qu’il écrit, c’est une  présence.

Le livre épouse cette logique. Des fragments, des dates, des notations. Un journal intime affleure très délicatement. Des noms surgissent, parfois attendus, parfois oubliés de tous. Et pourtant, rien ne se disperse. Il y a un fil, discret mais ferme, une manière de tenir ensemble ce qui ailleurs, se défait.

Stéphane  Barsacq écrit aussi sur le face à face avec l’ombre qui guette.

Ainsi cet extrait :

1er décembre 2025, 

Le portrait

« 𝘋𝘦 𝘍𝘰𝘶𝘲𝘶𝘦𝘵 𝘢̀ 𝘊𝘭𝘰𝘶𝘦𝘵, 𝘥𝘦 𝘔𝘢𝘵𝘪𝘴𝘴𝘦 𝘢̀ 𝘊𝘰𝘤𝘵𝘦𝘢𝘶, 𝘭𝘦 𝘱𝘰𝘳𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵 𝘧𝘳𝘢𝘯𝘤̧𝘢𝘪𝘴 𝘢 𝘤𝘶𝘭𝘵𝘪𝘷𝘦́ 𝘭𝘦 𝘱𝘳𝘪𝘷𝘪𝘭𝘦̀𝘨𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘳𝘢𝘳𝘦𝘵𝘦́, 𝘶𝘯𝘦 𝘦́𝘤𝘰𝘯𝘰𝘮𝘪𝘦 𝘥𝘶 𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵 𝘲𝘶𝘪 𝘦𝘴𝘵, 𝘢𝘶 𝘧𝘰𝘯𝘥, 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘶𝘥𝘦𝘶𝘳 𝘦𝘹𝘵𝘳𝘦̂𝘮𝘦 𝘥𝘦𝘷𝘢𝘯𝘵 𝘭’𝘢𝘣𝘪̂𝘮𝘦 𝘦𝘵 𝘭𝘦 𝘵𝘳𝘢𝘷𝘢𝘪𝘭 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘵𝘢𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘮𝘰𝘳𝘵. 𝘋𝘦 𝘮𝘢𝘯𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘨𝘦́𝘯𝘦́𝘳𝘢𝘭𝘦, 𝘭𝘦𝘴 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥𝘴 𝘱𝘦𝘪𝘯𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘯’𝘰𝘯𝘵 𝘫𝘢𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘳𝘦𝘤𝘩𝘦𝘳𝘤𝘩𝘦́, 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘱𝘰𝘳𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵𝘴, 𝘢̀ 𝘳𝘦𝘱𝘳𝘰𝘥𝘶𝘪𝘳𝘦 𝘵𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘲𝘶𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘭𝘢 𝘳𝘦́𝘢𝘭𝘪𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘷𝘪𝘴𝘢𝘨𝘦𝘴 : 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘭’𝘢 𝘦́𝘤𝘳𝘪𝘵 𝘈𝘯𝘥𝘳𝘦́ 𝘚𝘶𝘢𝘳𝘦̀𝘴, « 𝘪𝘭𝘴 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘶 𝘮𝘰𝘥𝘦̀𝘭𝘦, 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘰𝘯 𝘲𝘶𝘪𝘵𝘵𝘦 𝘶𝘯 𝘱𝘰𝘳𝘵 𝘥’𝘢𝘵𝘵𝘢𝘤𝘩𝘦, 𝘦𝘵 𝘪𝘭𝘴 𝘪𝘯𝘷𝘦𝘯𝘵𝘦𝘯𝘵 𝘭𝘦 𝘩𝘦́𝘳𝘰𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭’𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦.

𝘛𝘰𝘶𝘵 𝘱𝘰𝘳𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵 𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘢𝘳𝘤𝘩𝘪𝘷𝘦 𝘥𝘦 𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘢𝘷𝘰𝘯𝘴 𝘤𝘦𝘴𝘴𝘦́ 𝘥’𝘦̂𝘵𝘳𝘦. 𝘕𝘰𝘶𝘴 𝘩𝘢𝘣𝘪𝘵𝘰𝘯𝘴 𝘶𝘯𝘦 𝘦́𝘭𝘦́𝘨𝘢𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘦 𝘧𝘪𝘯 𝘥𝘦 𝘳𝘢𝘤𝘦, 𝘰𝘶̀ 𝘭’𝘰𝘯 𝘱𝘳𝘦́𝘧𝘦̀𝘳𝘦 𝘦𝘯𝘤𝘰𝘳𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘰𝘦́𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘢̀ 𝘭𝘢 𝘷𝘦́𝘳𝘪𝘵𝘦́. 𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘯𝘰𝘵𝘳𝘦 𝘮𝘢𝘯𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘰𝘮𝘣𝘳𝘦𝘳 : 𝘢𝘷𝘦𝘤 𝘶𝘯𝘦 𝘵𝘰𝘯𝘢𝘭𝘪𝘵𝘦́ 𝘮𝘰𝘳𝘢𝘭𝘦 𝘪𝘳𝘳𝘦́𝘱𝘳𝘰𝘤𝘩𝘢𝘣𝘭𝘦 𝘦𝘵 𝘶𝘯 𝘴𝘦𝘯𝘴 𝘢𝘪𝘨𝘶 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘰𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘴 𝘰𝘮𝘣𝘳𝘦𝘴.

𝘝𝘰𝘺𝘦𝘻 𝘤𝘦𝘴 𝘱𝘰𝘳𝘵𝘳𝘢𝘪𝘵𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘵𝘰𝘪𝘴𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦𝘱𝘶𝘪𝘴 𝘭𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘤𝘢𝘥𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘰𝘳𝘦́𝘴.  

𝘐𝘭𝘴 𝘨𝘭𝘪𝘴𝘴𝘦𝘯𝘵 𝘷𝘦𝘳𝘴 𝘭𝘦 𝘯𝘦́𝘢𝘯𝘵 𝘢𝘷𝘦𝘤 𝘶𝘯𝘦 𝘢𝘪𝘴𝘢𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘰𝘮𝘯𝘢𝘮𝘣𝘶𝘭𝘦𝘴. 𝘓𝘦𝘶𝘳 𝘵𝘦𝘯𝘶𝘦 𝘯’𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘶𝘯 𝘤𝘦́𝘳𝘦́𝘮𝘰𝘯𝘪𝘢𝘭 𝘥𝘦 𝘤𝘰𝘶𝘳, 𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘪𝘯𝘥𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘺𝘴𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦 𝘥𝘶 𝘥𝘦́𝘥𝘢𝘪𝘯. 𝘐𝘭𝘴 𝘰𝘯𝘵 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘳𝘪𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘷𝘢 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘦𝘳, 𝘦𝘶𝘹, 𝘯𝘰𝘶𝘴 ; 𝘵𝘰𝘶𝘵, 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘦𝘹𝘤𝘦𝘱𝘵𝘪𝘰𝘯. »

Toujours cette alliance rare entre grâce et lucidité.

Et je ne peux terminer cette chronique sans parler de la couverture. Magnifique.

C’est La Reine de la nuit, d’Augustin Frison-Roche : une figure calme, presque immobile, un oiseau sur le doigt qui pourrait fuir à tout instant. 

Tout est là. La maîtrise, la menace, la suspension. 

*De l’univers visible et invisible – Éloge de l’art* est un livre rare, un livre qui ne nous  explique pas le monde, mais qui modifie notre façon de regarder. Il parle de la joie. Celle qui ouvre et fait accueillir. La joie est un « organe vital ».

Et ces mots d’André Suarès  me reviennent. Ils sont dans *Le voyage du Condottière* en Italie :

« 𝘜𝘯 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘷𝘰𝘺𝘢𝘨𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘴𝘦𝘯𝘵𝘪𝘳 𝘦𝘵 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘷𝘪𝘷𝘳𝘦. 𝘈̀ 𝘮𝘦𝘴𝘶𝘳𝘦 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘷𝘰𝘪𝘵 𝘥𝘶 𝘱𝘢𝘺𝘴, 𝘪𝘭 𝘴𝘦 𝘧𝘢𝘪𝘵 𝘤𝘩𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘳𝘪𝘤𝘩𝘦 𝘥𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘤𝘦 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘥𝘦́𝘤𝘰𝘶𝘷𝘳𝘦. 𝘝𝘰𝘪𝘭𝘢̀ 𝘱𝘰𝘶𝘳𝘲𝘶𝘰𝘪 𝘭𝘦 𝘷𝘰𝘺𝘢𝘨𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘴𝘪 𝘣𝘦𝘢𝘶, 𝘲𝘶𝘢𝘯𝘥 𝘰𝘯 𝘭’𝘢 𝘥𝘦𝘳𝘳𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘴𝘰𝘪 : 𝘪𝘭 𝘯’𝘦𝘴𝘵 𝘱𝘭𝘶𝘴, 𝘦𝘵 𝘭’𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘮𝘦𝘶𝘳𝘦 ! »

Et combien nous avons vu, nous avons appris en traversant ce livre…

À notre tour, nous avons trouvé demeure…

Stéphane Barsacq *De l’univers visible et invisible, éloge de l’art*

Le Passeur Editeur

Couverture Augustin Frison-Roche, *La Reine de la nuit*

Blog-Notes de Alain Hoareau

*Que viva España*

𝘊𝘦 𝘫𝘦𝘶𝘥𝘪 23 𝘢𝘷𝘳𝘪𝘭, 𝘊𝘩𝘳𝘪𝘴𝘵𝘪𝘢𝘯𝘦 𝘙𝘢𝘯𝘤é é𝘵𝘢𝘪𝘵 à 𝘭𝘢 𝘓𝘪𝘣𝘳𝘢𝘪𝘳𝘪𝘦 𝘛𝘰𝘯𝘯𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘗𝘢𝘶, 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘶𝘯𝘦 𝘳𝘦𝘯𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦 𝘥é𝘥𝘪𝘤𝘢𝘤𝘦 𝘢𝘶𝘵𝘰𝘶𝘳 𝘥𝘦 𝘴𝘰𝘯 𝘥𝘦𝘳𝘯𝘪𝘦𝘳 𝘭𝘪𝘷𝘳𝘦 *𝘘𝘶𝘦 viva 𝘌𝘴𝘱𝘢ñ𝘢*

 Écouter Christiane Rancé c’est se laisser porter par un torrent de passions et de convictions. C’est reconnaître l’émotion et le rythme de son écriture, c’est découvrir une voix musique pour mieux  revenir sur le texte. 

Mais paradoxalement ce tourbillon est loin d’un itinéraire  à la vitesse du TGV, mais prend plutôt l’allure d’un cheminement. Le temps nécessaire à l’imprégnation de « son » Espagne. Comme elle aime à le souligner l’Espagne est multiple et terre de paradoxe. 

Que retient-elle de ses rencontres avec Dali ? Le mystique, plus que l’excentrique. Que retient-elle des pierres ? L’histoire qui les a érigées où réside leur éternelle beauté, tandis qu’elles finiront en poussières. À qui fait-elle référence ? À ces femmes  de force et de courage, de Thérèse d’Avila à la « Duchesse rouge » en passant par Carmen. Et d’ajouter avec malice : « Pourtant les espagnols sont misogynes »…

Le paradoxe est partout, le paradoxe est passionnant… Et dans la vie religieuse si intense de l’Espagne La Passion semble prendre plus d’importance que la Résurrection, et dans tous les événements la joie de la fête succède sans préalable à toutes les douleurs. 

Elle dit « l’Espagne a la mort dans la bouche », elle parle du Duende et à ce moment là je me souviens de Manuel De Falla, et j’entends intérieurement une oeuvre dans laquelle il est question de la douleur de la mort, puisqu’il s’agit du « Tombeau » sur la mort de Claude Debussy. Je me demande alors si c’est vraiment « par hasard » qu’il a choisi la guitare ( sa seule oeuvre pour cet instrument ), instrument emblématique de l’Espagne, pour exprimer ce sentiment…

Mais cet «  itinéraire amoureux » en Espagne de Christiane Rancé c’est bien sûr mille autres choses. « Ses fenêtres », comme elle dit, ses ruelles, ses paysages, ses rencontres. Et puis elle ne vient pas seule. Elle emporte avec elle tout ce qu’elle a vécu, découvert, et à travers cet hommage à l’Espagne, n’est-ce pas finalement l’art de relier tous les itinéraires d’une vie ? Les siens par l’écriture, les nôtres par la lecture. 

*Que viva España- Un itinéraire amoureux*

Editions Tallandier

Chroniques

*Les Dires portant*

*𝗟𝗲𝘀 𝗗𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁* 𝗼𝘂 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝗲̀𝗺𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘃𝗼𝗶𝗹𝗶𝗲𝗿, 𝗹𝗮 𝗽𝗲𝗶𝗻𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗵𝗼𝘂𝗹𝗲…

Eve de Laudec (Eve Chapel) et Sophie Brassart  composent ici un recueil de passages et de surgissements. 

Rien n’y relève du dialogue convenu entre texte et image.

C’est là une égalité rare.

Le poème ne commande pas à la peinture.

La peinture ne corrige pas le poème.

– Chacune crée depuis son foyer de nécessité.

– Chacune risque sa forme.

– Chacune demeure souveraine.

Et de cette indépendance naît non pas un face-à-face, mais une alliance où texte et couleur se relancent, se déplacent, s’inventent mutuellement.

Eve de Laudec cingle vers un rivage et porte ses fêlures comme une voilure.

Et Sophie Brassart, avec ses éclatés de couleurs, donne à cette navigation sa houle, son ressac, son horizon …

« J’𝘢𝘪 𝘷𝘶 𝘭’𝘦𝘴𝘱𝘳𝘪𝘵 𝘥𝘦 𝘥𝘦𝘶𝘹 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴𝘦𝘳 […], 𝘦𝘯𝘵𝘦𝘯𝘥𝘶 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘴𝘰𝘶𝘧𝘧𝘭𝘦 𝘦𝘵 𝘷𝘶 𝘥𝘦𝘴 𝘴𝘰𝘭𝘦𝘪𝘭𝘴… »

écrit en Préface Régis Nivelle…

Et à notre tour, nous voyons les deux magnifiques « danseuses… »

Eve de Laudec et Sophie Brassart – *Les Dires portant* – Tarmac éditions

Photos Eve de Laudec et Sophie Brassart sous copyright (album personnel)

Chroniques

*Une si fragile présence*

« 𝘊𝘢𝘳 𝘴𝘪 𝘭𝘦 𝘤𝘰𝘯𝘤𝘦𝘳𝘵𝘰 𝘥𝘦 𝘙𝘢𝘤𝘩𝘮𝘢𝘯𝘪𝘯𝘰𝘷, 𝘭𝘢 𝘱𝘢𝘨𝘦 𝘥𝘦 𝘗𝘳𝘰𝘶𝘴𝘵, 𝘭𝘦 𝘤𝘰𝘳𝘱𝘴 𝘧𝘭𝘢𝘮𝘣𝘦́ 𝘥𝘶 𝘎𝘳𝘦𝘤𝘰, 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘴𝘪𝘰𝘯 𝘥𝘶 𝘝𝘢𝘭 𝘥’𝘖𝘳𝘤𝘪𝘢, 𝘭𝘦 « 𝘲𝘶’𝘶𝘯 𝘣𝘦𝘢𝘶 𝘥𝘦́𝘴𝘦𝘴𝘱𝘰𝘪𝘳 𝘢𝘭𝘰𝘳𝘴 𝘭𝘦 𝘴𝘦𝘤𝘰𝘶𝘳𝘶̂𝘵 » 𝘥𝘶 𝘷𝘪𝘦𝘪𝘭 𝘏𝘰𝘳𝘢𝘤𝘦 𝘰𝘶 𝘭𝘦𝘴 𝘺𝘦𝘶𝘹 𝘥𝘦 𝘮𝘢 𝘨𝘳𝘢𝘯𝘥-𝘮𝘦̀𝘳𝘦 𝘰𝘯𝘵 𝘳𝘦́𝘴𝘪𝘴𝘵𝘦́ 𝘢̀ 𝘭𝘢 𝘨𝘭𝘰𝘶𝘵𝘰𝘯𝘯𝘦𝘳𝘪𝘦 𝘥𝘦 𝘭’𝘰𝘶𝘣𝘭𝘪, 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘲𝘶’𝘪𝘭𝘴 𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘦𝘯𝘵, 𝘤𝘩𝘢𝘤𝘶𝘯 𝘢̀ 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘮𝘢𝘯𝘪𝘦̀𝘳𝘦, 𝘭𝘦𝘴 𝘮𝘦𝘴𝘴𝘢𝘨𝘦𝘳𝘴 𝘥’𝘶𝘯 𝘢𝘮𝘰𝘶𝘳 𝘲𝘶𝘪 𝘯𝘦 𝘱𝘦𝘶𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘮𝘰𝘶𝘳𝘪𝘳. »

Cet extrait est dans le livre d’ Emmanuel Godo  *Une si fragile présence*  aux Éditions Albin Michel

C’est un livre comme une confidence,  comme une nuit à la belle étoile où nous regardons le ciel à la recherche à la fois d’un signe de Dieu et peut-être de ceux qu’on aime et qui nous ont aimés .

Nous sommes en Italie. À Ravenne, dans la Basilique de St Apollinaire in Class. Devant une mosaïque de la Transfiguration. 

Emmanuel Godo est saisi par le dépouillement qui appelle à « regarder ».

Et là commence le chant d’amour. Et là, se « glisse » la photo de ses parents, jeunes, élégants et amoureux. Ils sont dans un restaurant et un photographe prend la photo. La mère regarde comme au-delà de l’objectif. Elle est rieuse et son regard défie la métaphore de la mort qui est dans chaque photo.

*Une si fragile présence* est un livre sur l’absence et c’est un livre de retrouvailles.

Que l’on soit croyant ou pas, on ne peut qu’être transporté par la beauté de cette méditation autour de l’Amour, de l’absence et de la Vie.

Et nous refermons le livre doucement. 

*Une si fragile présence* est entre les pages. Pareille à cette lampe servante (comme me l’a appris une amie) qu’on laisse sur scène après l’extinction des feux. 

Elle est là en veille, pour empêcher quiconque  qui entrerait dans la salle sans lumière, de trébucher.

Emmanuel Godo, *Une si fragile présence*, Éditions Albin Michel